
Dans la lignée de deux autres opus des Men In Black, ce troisième épisode peine quelque peu à trouver son rythme de croisière au début et propose dans les vingt premières minutes des gags au rabais annonçant le nanar en puissance - mention spéciale à la grotesque imitation martienne de Emma Thompson.
Pourtant, dès lors que Will Smith saute dans le temps et dans le vide, le film devient plus digeste et se montre honnêtement divertissant, entre monstres sympathiques et menaces de survie de la planète Terre. Josh Brolin est impeccable en agent K laconique à souhait, et on se régale franchement des séquences avec Andy Warhol et Mick Jagger, tout comme de l’éclairage sur l’enfance de l’agent J.
Et pour une fois, la 3D présente un véritable intérêt, qu’il faut souligner. Loin d’être un gadget, ou pire, une arnaque, elle amène quelque chose de neuf à cette recette pourtant réchauffée et offre quelques séquences spectaculaires, comme les sauts dans le vide ou le décollage de la fusée Apollo 11.
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Le prénom a un mauvais goût de théâtre filmé, sans âme. L’adaptation au cinéma de cette pièce à succès était inévitable et il a tout de même fallu deux réalisateurs débutants pour s’y coller. Tous les problèmes mineurs du film leurs sont d’ailleurs directement liés : aucune mise en scène, pas de photographie appréciable et un découpage très convenu qui empêche le film de rejoindre des œuvres similaires plus travaillées, comme le récent Carnage de Roman Polanski.
Toutefois, le texte se suffit à lui-même pour passer un bon moment, avec une bande d’acteurs à l’aise dans leurs rôles (Patrick Bruel, Valérie Benguigui et Guillaume de Tonquédec étaient déjà les interprètes au théâtre, et Charles Berling est parfait en enseignant bobo) et dans leurs interprétations. Les situations et l’originalité de quelques propos les empêchent tout juste d’être les artisans d’un simple téléfilm.

Les Vacances de Ducobu. Je m’étais presque enthousiasmé pour le premier opus des aventures du célèbre écolier, tant j’avais trouvé l’ambiance agréable et bon enfant. Ce second épisode reste dans le même ton, et m’a encore fait décrocher quelques sourires, grâce aux grimaces (peut-être agaçantes, notamment quand elles sont dans la parodie de Louis de Funès) de Elie Semoun et à la géniale Joséphine de Meaux. Restent bien entendu une aventure convenue, des gags pour les 5-12 ans, une intrigue inexistante et des personnages de bande-dessinée. Mais le film a le mérite de ne pas prétendre à autre chose qu’à ce simple divertissement familial.
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Que reste-t-il de Jean-Pierre Mocky chez les cinéphiles ? Passés les coups de gueule et les dérapages érotico-comiques sur les plateaux TV, il est difficile d’accéder à son œuvre si rare sur les écrans, petits ou grands, et dans les discussions des passionnés du cinéma. Pourtant, c’est grâce à un formidable souvenir d’enfance, lié à La Grande frousse, que j’ai décidé de découvrir les films de Jean-Pierre Mocky.
# Les dragueurs (1959) : Premier long-métrage du cinéaste qui nous offre un formidable mélange de Nouvelle Vague et de cinéma américain des années 30, en déambulant dans les rues du Paris nocturne en compagnie de Charles Aznavour (le timide) et Jacques Charrier (le dragueur chevronné). Avec une liberté de ton déconcertante, il varie les situations, entre rire et drame, passant des galeries du Lido fréquentées par des pervers en mal de jeunes filles, à un lupanar bourgeois aux mœurs débridées, montrant les ridicules techniques de drague de l’époque. Misogyne affirmé, Mocky offre pourtant aux personnages féminins les meilleurs rôles : des suédoises en voyage, une jeune adolescente touchante qui court les hommes (“Il faudra bien que je passe à la casserole un jour ou l’autre !”), une future mariée libertine. Le passage avec Anouk Aimée, femme sublime mais infirme, est probablement le plus beau moment du film, d’une grande justesse dans les dialogues et les regards.

# Les compagnons de la marguerite (1966) : Mocky s’offre là une jolie comédie, servie par un brillant casting : le jeune Claude Rich en romantique idéaliste, Michel Serrault en mari dominé par sa femme et Francis Blanche en flic malchanceux. Le postulat de départ est très amusant : un spécialiste de la restauration de documents patrimoniaux utilise ses dons pour falsifier les livrets de famille de couples désireux de changer de conjoints sans divorcer. L’immense talent de Mocky est de ne pas sombrer dans la facilité scénaristique, et c’est donc toujours une fin amorale qui nous attend, reflet des mœurs grotesques de la société qu’il décrit. Le film est interprété avec beaucoup d’entrain, multiplie les personnages hilarants et les situations cocasses. A noter la présence charmante de Paola Pitagora.

# L’ibis rouge (1975) : Ce film est d’emblée beaucoup moins bien mis en scène que les deux autres, et souffre de problèmes de montage. Pour autant, difficile de résister à cette comédie vacharde qui n’épargne personne : Mocky brosse une formidable galerie de personnages médiocres et détestables, mais hilarants. Difficile de décerner la palme de la drôlerie, entre un Michel Galabru désabusé, un Michel Simon raciste et misanthrope (dont c’est le dernier rôle au cinéma) ou un Michel Serrault en tueur efféminé. L’intrigue, implacable, ne permet à personne de s’en sortir et pousse les personnages aux sommets du ridicule. Il faut s’arrêter ici sur la performance comique de Jean Le Poulain, en restaurateur grec contraint de danser le sirtaki pour les membres d’une association de vétérans aux gueules cassées. C’est aussi l’occasion d’apprécier à nouveau les talents d’Evelyne Buyle, que j’adore, seul personnage à peu près honnête dans cette comédie à l’humour très noir.
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Un adolescent encore vierge est surpris en train de se masturber en cours, et de se filmer avec son téléphone portable. Renvoyé temporairement du lycée, son acte provoque un débat sur la sexualité au sein de sa famille.
L’ambition des réalisateurs Pascal Arnold et Jean-Marc Barr est affichée : faire un film sans tabous sur la sexualité, où les actes ne sont pas simulés. Mais avec préservatif, bien sûr. J’ai eu le droit au cinéma du Théâtre National de Bretagne (TNB) à la version non-censurée du film, interdite aux moins de 16 ans.
Le pari est osé, très intéressant et franchement essentiel. Hélas, les réalisateurs ne se donnent pas les moyens d’atteindre leur objectif : en filmant cette charmante histoire avec des petites caméras, un éclairage restreint et un son en prise direct, le résultat fait totalement amateur (ne parlons pas du cadrage !), et voyeur par la même occasion. La faute probablement à un budget restreint et une frilosité des producteurs. D’un point de départ amusant, le film s’enfonce dans une avalanche de scènes de sexe, souvent gratuites, et les quelques instants de réflexion sont desservis par la faiblesse des dialogue, balourds et attendus.
Pourtant, impossible de rester insensible à ce film. Il s’en dégage quelque chose de fort, de jubilatoire ; on rigole souvent à des situations ou des répliques, devant le naturel et la fraicheur des acteurs, la liberté de ton des metteurs en scène. Et il faut reconnaître qu’ils savent s’adresser à toutes les générations : notre petite salle était bondée (jour férié oblige ?) et il y régnait une camaraderie évidente, comme si nous étions tous partenaires forcés d’une aventure inoubliable. J’ai vécu là un de mes plus beaux moments de spectateur en écoutant les réflexions hilarantes d’un couple de sexagénaires visiblement médusés de voir une jeune femme pratiquer une fellation, en gros plan, allongée nue sur un drap, au beau milieu d’une forêt.
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De Rennes. Ici pas de fêtes ni de soirées privées, peu de films en compétition et un cruel manque de stars internationales, pas de Gilles Jacob ou de Michel Denisot, et pas de mer. C’est donc en exclusivité que je vais livrer mes commentaires sur le festival de Cannes, en direct de Rennes, sans accréditation, juste avec une télévision et internet.
Comme tous les ans, j’attendais avec impatience la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes, en rongeant mes ongles devant les publicités L’Oréal et les bandes-annonces de la Ligue 1 sur Canal+, et comme tous les ans, j’ai été déçu. Par une ambiance morne, des interventions plates et une cérémonie sans saveur dominée par une Bérénice Béjo qui, depuis un certain temps, endosse un costume trop grand pour elle. Elle a, certes, participé au succès international (et mérité) de The Artist mais dans un second rôle assez fade, et assez peu récompensé d’ailleurs, si ce n’est aux Césars - mais peut-on prendre en considération une cérémonie où Omar Sy a été désigné meilleur acteur ?
Les meilleurs faits d’armes de Bérénice sont loin (Meilleur Espoir Féminin, OSS 117) et sa présence en tant que maîtresse de cérémonie à de quoi faire sourire gentiment. D’ailleurs personne ne s’y est trompé : ses premiers mots ont été pour Michel Hazanavicius, son film et le silence. Et comme l’avantage de la télévision est de varier les points de vue, c’est sans surprise que nous avons pu observer des invités piquer du nez, fermer les yeux et laisser leurs sourires au vestiaire. Sans être déplaisant, son texte (écrit par les auteurs de Bref) était trop littéraire pour être déclamé devant une salle impassible et impatiente d’en voir le bout.
Seule l’annonce du jury s’est révélée intéressante, car rapide et dynamique et, comme d’habitude, la rétrospective dédiée du président du jury était très réussie. Quant au concert, je pense qu’il fallait être fan de la chanteuse pour l’apprécier. On comprendra aisément que ce n’est pas mon cas …
Classé dans festival de cannes Bérénice Béjo

Aller voir un film de Ingmar Bergman au cinéma s’apparente à une sortie dominicale dans un salon de thé : on n’y croise que des dames âgées, vêtues de leurs plus beaux ensembles et imbibées de quelques senteurs vite écœurantes mais qui donnent au film une atmosphère particulière - une sorte d’expérience du Futuroscope, on l’on peut sentir les images. Du bas de mon petit quart de siècle et, à la manière dont j’étais gentiment regardé par ces dames, j’avais l’impression d’être un taxi-boy, sifflotant avec malice et nonchalance la chanson de Dutronc, J’aime les roses … j’aime les roses fânées …
Et pourtant, le film ne prête pas à plaisanterie. Au contraire, il s’ouvre sur la déchéance d’un clown blanc qui voit sa femme, nue, batifoler dans l’eau avec quelques soldats en exercices. La séquence est presque muette, marque durablement les esprits par la virtuosité de sa mise en scène et par sa liberté de ton, et trouve un écho à la fin du film dans un plan séquence intime où un couple pris au piège des sentiments se déchire, avec force d’alcool.
Dans les paysages épurés et froids de la Suède, Bergman filme la volonté du patron d’un cirque minable de retrouver une vie normale, rêve impossible quand on vient de son milieu : la vie du forain, à l’image des derniers plans du film (très chaplinesques), n’est que mise en scène permanente, aucune normalité ne l’habite. Ainsi une simple bagarre de jalousie se retrouve portée au centre de la piste du cirque et arbitrée par un metteur en scène de théâtre, et sa volonté de se suicider tourne au monologue shakespearien à l’issue grotesque.
Quand un réalisateur, avec grand talent, filme des vies constamment mises en scène, il pose un regard et une réflexion fascinantes sur les conditions de la vie d’artiste. N’ayons pas peur des mots, parlons ici de chef d’œuvre du genre.
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Après l’épouvantable Alice au pays des merveilles, Tim Burton ne pouvait que remonter … ou stagner à ce niveau de médiocrité. C’est la deuxième solution qu’il semble donc envisager en nous livrant cet énième opus avec un Johnny Depp toujours beau dans ses costumes mais terriblement répétitif dans son jeu - sa nonchalante désinvolture commence à lasser.
Peu importent d’une belle introduction et de quelques gags qui font mouches - soit dit en passant, rien de très original si on a vu Les visiteurs ou Les rois mages -, le reste du film est poussif, entre duels vampire/sorcière éculés ou personnages secondaires à peine distrayants (Helena Bonham Carter arrive toutefois à bien s’en tirer, comme toujours, grâce à sa présence hors du commun). Le scénario est d’un classicisme exaspérant de la part d’un réalisateur qui a su faire de très belles choses par le passé, et qui ne peut s’empêcher de conclure par une longue, longue, longue séquence d’affrontement final où personne n’est jamais tout à fait mort et revient pour un énième frisson.
Pas de mise en scène (Louis Leterrier tu es là ?), des effets spéciaux appréciables certes, mais Burton a-t-il quelque chose à y voir puisque tout est fait par ordinateur ? Restent la belle photographie, le décolleté et le regard de Eva Green, et le talent à suivre de la jeune Chloë Grace Moretz (appréciable dans les inégaux Hugo Cabret et Kick-Ass).
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Je sais que le titre douteux de cet article résonne comme une chanson à boire de Soldat Louis, mais je ne suis pas breton pour rien, et cela me permet d’évoquer en premier lieu le film de Claude Chabrol, Que la bête meure, avec les regrettés Michel Duchaussoy et Jean Yanne, dont l’action se déroule en grande partie aux alentours de Quimper. Et de dire d’entrée que mon titre n’est que racolage facile puisqu’il n’y a pas une goutte de sang de versée dans ce très beau thriller policier qui met en scène l’implacable vengeance d’un père dont le fils a été tué par un chauffard. Le contraste entre le calme de Duchaussoy et la “brutalité sauvage” de Yanne fait des merveilles et arrondit les angles d’une fin un peu bâclée et un poil trop lyrique.
Vu également - et là, je dois dire que je suis payé pour ça, projectionniste amateur de mon état - Mince alors !, la nouvelle comédie de Charlotte de Turckheim. Pour parler comme Les cahiers, disons gentiment qu’elle reste dans la continuité de son œuvre, entre humour plat et scénario facile. Pas un gramme de subtilité, d’humour ou d’intérêt dans ce nanar, qui peine tout juste à sauver Lola Dewaere et Catherine Hosmalin de la débâcle totale menée avec brio par Victoria Abril. Bon pour la télé, où les téléfilms ringards du dimanche soir ont au moins la prétention de ne pas en avoir.
Poussé par un camarade (victoire socialiste oblige, je modifie mon vocabulaire), j’ai découvert Radiostars avec une appréhension vite dissipée. Bien plus réussit que la bande-annonce pouvait le laisser croire, ce road-movie enchaine les gags, les répliques et les situations avec justesse et efficacité. Sur un schéma de personnages déjà exploité dans Good Morning England - l’ours, le dandy et le queutard -, les comédiens principaux assurent formidablement le show ; mention spéciale à Manu Payet. Le film possède toutefois les quelques lourdeurs scénaristiques classiques des comédies françaises, qui l’ampute de fait de toute prétention à sortir du lot, s’encombre maladroitement d’un jeune acteur (Douglas Attal) qu’il faut vite, vite renvoyer chez lui, et vire dans le cliché facile et lourdingue de l’antisémitisme provincial.
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“Les paysans et les ouvriers ont payé vos études. Maintenant, c’est à vous de les aider.” En 1980, une médecin, soupçonnée de vouloir quitter Berlin-Est pour le monde occidental, est mutée dans une clinique de campagne de la RDA. Son amant prépare son évasion, alors que le médecin chef se rapproche d’elle.
C’est en attendant la projection d’un film de Bergman que j’ai découvert l’existence de ce film, qui m’a tout de suite attiré - d’aucun diront que les jours étaient à la morosité, et ils n’auraient pas tort. Mais quoi de mieux que de se plonger dans les méandres de la RDA au lendemain d’une victoire socialiste en France, histoire de voir ce qui nous attend ?
Le metteur en scène entend montrer l’Allemagne soviétique au-delà des clichés : pas de grisaille généralisée mais des couleurs vives, de la vie, du soleil, des promenades en vélo. Le climat de tension vient des gens, dont les relations sont gangrénées par la paranoïa et la suspicion : une femme qui vous regarde avec obstination, une gardienne d’immeuble qui vous surveille … Se sachant surveillée, l’héroïne ne peut voir que son collègue médecin est sincère dans sa sollicitude.
Hélas, la mise en scène (récompensée à Berlin !?) épurée à l’extrême et terriblement rigide peine à nous entrainer vraiment dans cette histoire et ne peut susciter l’empathie nécessaire pour que l’on évite de regarder sa montre au bout d’une heure. En cela, la fin, assez classique mais délicate à justifier dans ce contexte, est complètement ratée et nous apparaît même inconcevable.
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